Contrôle de Gestion : plaidoyer pour un nouveau champ lexical

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Contrôle de Gestion : plaidoyer pour un nouveau champ lexical

Sitôt prononcés, l’association des mots tombe comme un couperet…Et si pour désigner un métier à la croisée des disciplines on troquait l’allusion à la surveillance pour lui préférer la notion de maîtrise ?

Définir le contrôle de gestion est un exercice particulièrement difficile notamment du fait de son apparition et sa croissance finalement assez récentes, mais aussi parce que le concept même est en constante évolution, s’enrichissant sans cesse de la coordination des systèmes d’information.

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Dans les années 70, le développement des produits et des services dans une conjoncture en croissance signe une profonde remise en cause du modèle mis en place au début du XXème siècle sur les bases des analyses de Taylor pour mesurer et contrôler la productivité industrielle.

Le contrôle de gestion « deuxième génération » qui apparaît à cette époque, tient alors compte des interdépendances entre les pôles liés à la production : finance, ressources humaines et bien sûr commercial.

Plus récemment, l’exercice de la fonction a de nouveau élargi son spectre, dans le contexte d’une économie qui a vu ces trente dernières années le secteur tertiaire et principalement les services se développer au point d’occuper aujourd’hui plus des trois quarts de la population active française.

Des outils dédiés à l’analyse des coûts et des écarts budgétaires, l’enjeu de la profession s’est progressivement déplacé vers une approche globale propre à définir la stratégie de performance et à piloter la croissance de l’entreprise.

Pourtant, il  semble que quoi qu’ayant prouvé son efficience, le Contrôle de Gestion reste encore aujourd’hui en quête de légitimité car trop souvent perçu dans une interprétation restrictive plutôt qu’appréhendé comme il le devrait, c’est à dire un levier d’aide à la décision grâce à la maîtrise des facteurs clés de la compétitivité de l’entreprise.

À la dimension technique du métier s’est ajouté un ensemble de compétences relationnelles qui prennent de plus en plus d’importance pour interagir de manière pertinente avec les interlocuteurs des services et installer la confiance.

Parmi les axes de réflexion proposés par l’équipe d’Essentiel Gestion pour contribuer à lever les réticences, envisager un nouveau glossaire, changer de vocabulaire, est sans doute une piste à explorer…

Défendre une image positive de la fonction

Contrôle : « vérification portant sur le caractère légal et régulier de quelque chose », gestion : « Mode d’administration de l’entreprise suivant des techniques appropriées afin de dégager un profit ». La connotation des termes utilisés inscrit indéniablement le discours dans le champ lexical, au mieux du garde-fou omnipotent qui viendrait redresser les sorties de route des dirigeants distraits, au pire dans celui de la surveillance voire de la sanction. Rien de très engageant dans cette formulation peu encline à cueillir l’adhésion de managers déjà bien souvent impuissants à cerner avec précision les missions multiples du Contrôleur de gestion.

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Jean-loup Ardoin et Hugues Jordan (Professeurs Emérites à HEC Paris et spécialistes du sujet) le martelaient déjà en 1978 dans leur ouvrage commun : « le contrôleur est l’homme qui informe, conseille, facilite la gestion et non pas celui qui vérifie, inspecte et réprimande ».

Or, s’il est admis que le contrôle s’exerce par définition à postériori, nombreux sont les acteurs du métier qui concèdent peiner à convaincre que leur rôle s’inscrit avant tout en amont, dans l’analyse, l’anticipation, la proposition et l’élaboration d’outils au service de l’organisation.

Las d’être perçus comme des procéduriers garants du respect des bonnes pratiques postés en vigie, quelques uns de la génération renouvelée suggèrent l’usage d’une autre sémantique et pourquoi pas d’un nouvel intitulé pour la fonction.

Une idée pas si saugrenue qu’elle n’y paraît de prime abord, si l’on songe que le nom de Contrôleur de Gestion fut officialisé avec la création du « Controllers Institute of America » aux Etats-Unis en 1931, époque révolue où les Ford, General Motors et autres Saint-Gobain régnaient en maîtres sur l’industrie.

Ne devrait-on préférer le mot maîtrise  à celui de contrôle ? Ne devrait-on évoquer plus volontiers le pilotage de la performance, l’optimisation du résultat ? Arguer la vision transversale de ces « partenaires de la croissance » ?

Les membres d’Essentiel Gestion s’interrogent, soulignant que l’ambiguïté de la formulation fait d’autant plus obstacle qu’on intervient à temps partagé, autre concept en effervescence…Yann témoigne faire référence à BART pour éclairer les lanternes : Budget Analytique, Reporting, Trésorerie ; de son côté Hélène évoque la métaphore avec la conduite où le budget fait office de GPS, le pilotage de la trésorerie de tableau de bord et les marges commerciales de carburant ; Alexandra quant à elle suit le CAP : Constat, Analyse, Préconisation…Une façon d’ouvrir une fenêtre sur un métier passionnant, qui se réinvente en permanence.

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2 réflexions sur “Contrôle de Gestion : plaidoyer pour un nouveau champ lexical

  1. Notion franco française, le contrôle de gestion n’est pas un poste mais un théme/responsabilité que chaque metier, fonction doit porter. Le fixer sur une fonction deresponsabilise sur ce théme, le centraliser c’est le rendre inefficace,censeur. Si on pense que le pilotage de la performance doit etre centralisée…
    Bref la centralisation une specialité adminsitrative francaise qui s’immice en entreprise…c’est dire
    Contrôle ou maitrise là n’est pas le sujet :
    Controle ou maitrise de la finance
    Controle ou maitrise des ressources humaines
    Controle ou maitrise de l’IT……
    Une fonction ne doit pas contrôler la gestion ni la maitriser c’est illusoire ,même avec la meilleure transversalité et la meilleure collaboration du monde
    La consequence de le centraliser est de penser qu’un controleur de gestion doit tenir des stats/reports/analyse sur des choses aussi basiques et appartenant au metier que des effetifs , du CA, des coûts….
    Pourquoi le cgd serait rattaché à la finance ?
    Aucune raison à part l’accés au donneés et la competence « incoryable « de faire de l’arithmetique de niveau collége.
    Il faudrait « tuer » le poste pour donner un sens à la fonction et la diluer pour en impregner tout le monde.
    Sans controleur/ »maitre »( serieux ?) la gestion devient plus performante car de facto tout le monde devient garant de la gestion.
    Surtout quand l’IT peut remplcer 95 % de la partie production de données

  2. Bonjour,
    C’est effectivement un défit de tous les jours de faire le travail de contrôle, qui ne nous leurrons pas sera toujours une contrainte au moins pour les opérationnels, et de vendre les outils ou avantages qui decoulent de la « maîtrise » du système. Il faut tout de même ajouter un constat qui manque dans votre article qui nous facilitent à régler ce paradoxe : la prépondérance des objectifs financiers. En claire le pdg fait du respect du budget le leitmotiv de son organisation et le contrôleur vient en aide aux décideurs pour atteindre ses objectifs. Il deviendrait presque incontournable

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